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Enfant : la frustration nécessaire à la construction de soi

Info & Savoir

La non-assimilation de ses frustrations explique les difficultés qu’un enfant puis un adolescent pourra ressentir dans sa vie adulte. Tous les psys s’accordent à dire combien la frustration est nécessaire à la construction de la personnalité et à l’autonomie.

Prendre en compte les besoins de l'enfant ne signifie pas combler totalement, instantanément et à tout prix chacun de ses besoins. Même si c'était réalisable, ce ne serait pas souhaitable pour autant. "Satisfaire", étymologiquement c'est faire "assez".

 

Enfants : les parents manifestent leur amour de différentes manières
La recherche en psychologie révèle que l'enfant a besoin d'amour et d'une structure. Une relation aimante est essentielle pour qu'il acquière de la confiance et de l'estime de soi. Les parents manifestent leur amour de diverses façons, selon leur style personnel et leurs antécédents culturels. L'amour se manifeste par des sourires, des étreintes, des compliments, l'intérêt qu'on manifeste envers l'enfant et la disponibilité pour passer du temps avec lui.

 

Les parents montrent à l'enfant les limites d'un comportement acceptable en établissant des règles et des attentes claires. Ils montrent à l'enfant que ses actions ont des conséquences. En soulignant et en commentant un comportement approprié, les parents renforcent les bonnes habitudes.

 


 

Enfant : satisfaire avec modération
Entre ne rien donner et donner jusqu'à satiété, il existe toute une variante de possibilités. Donner avec mesure est d'autant plus important qu'il existe des besoins plus ou moins antagonistes.

 

Satisfaire trop richement le besoin de structure c'est freiner l'accès à l'autonomie mais inversement donner trop de liberté très tôt va priver l'enfant de ce qui doit le structurer. On pourrait évoquer de la même façon les besoins de stimulations d'une part, de solitude et de silence d'autre part. Satisfaire un besoin, c'est fournir avec une qualité suffisante, la quantité optimale plutôt que maximale.

 

Enfant : un apprentissage dès la maternelle
La maternelle est avant tout l’époque de la socialisation de l’enfant. Il est donc essentiel de lui apprendre « la grammaire relationnelle » comme le propose Jacques Salomé. S’exprimer sans agressivité, exprimer ses émotions,  gérer  la frustration,  respecter des règles et les personnes  sont autant  de compétences à développer au plus jeune âge.

 

A l’école primaire, l’enfant apprend à trouver sa place au milieu du groupe.  La confiance en soi, l’autonomie et le respect de la  différence   sont des valeurs essentielles à la construction de sa personnalité. C’est une période propice à l’apprentissage de la médiation : communiquer sans agressivité,  écouter l’autre et trouver ensemble un accord.

 

Enfant : quand la frustration structure
Il est totalement impensable d'élever un enfant sans frustration. De cette réalité, certains ont conclu un peu hâtivement qu'il est éducatif d'accumuler les frustrations ! "La frustration est structurante" répète-t-on volontiers. Il faut en finir avec ce stéréotype qui est venu compléter au XXème siècle, le vénérable et tristement fameux "Qui aime bien châtie bien".

 

La vérité, c'est qu'il y a des frustrations positivement structurantes, d'autres désastreusement structurantes et d'autres enfin dont l'impact ne va pas de soi. Si l'on refuse de donner à un jeune enfant tous les bonbons qu'il réclame, on est probablement dans une structuration positive mais si on le prive de façon habituelle de tendresse ou d'écoute, de limites ou de liberté, il est hors de doute qu'on le structure désastreusement...

 

Les frustrations éducatives sont celles qui structurent l’enfant. Ce sont des frustrations qui l’amènent à prendre très progressivement une distance vis-à-vis de sa mère, qui lui permettent d'intérioriser la Loi, les limites, l'existence du principe de réalité (sevrage, mise en place des interdits indispensables, etc.).

 

Elles sont libératrices, permettent l'accès au symbolique et facilitent le chemin vers l'autonomie. Encore faut-il que l’on reconnaisse à l'enfant le droit d'exprimer ce que ces frustrations lui font vivre.

 

Limite et éducation : deux questions à se poser
Si vous doutez encore de l’intérêt de la « bonne frustration » dans l’éducation de vos enfants, posez deux questions à l’adolescent que vous avez été : « qu’est-qui m’a permis de grandir ? » et « qu’est-ce qui m’a le plus manqué ? ».
Enfant : qui aime bien, frustre bien !


Il faut donc apprendre à l’enfant comme à l’adolescent la frustration, à condition qu’elle soit éducative et non répressive. Elle lui permet alors de se confronter à la réalité avec ses bons et ses mauvais côtés. Claude Halmos, psychanalyste qui s’inscrit dans le courant de pensée de Françoise Dolto, explique que « L’apprentissage de la frustration c’est apprendre à devenir réaliste ».

 

Dans le cas d’un adolescent, celui-ci conçoit, comme pouvait le faire l’enfant de 6/7 ans que certains interdits sont justes (ne pas voler, ne pas frapper un autre enfant, mettre un imperméable s’il pleut), mais pour d’autres il va devoir concevoir leur légitimité. C’est à cet instant que doit pouvoir s’établir une relation d’écoute réciproque dans laquelle l’un, l’adulte, exprime la règle, la limite ou l’interdit et l’autre, l’adolescent doit pouvoir s’exprimer, tenter éventuellement d’obtenir un aménagement.

 

Si vous précisez à votre fils ou votre fille de 13 ans, qu’il ou elle doit rentrer impérativement à 22h00, votre ado respectera vraisemblablement la règle à quelques dizaines de minutes près. Si vous expliquez cette règle, celle-ci sera vraisemblablement suivie car comprise.

 

Les tentatives d’aménagement formulées par votre enfant seront par contre légitimes. Si vous les acceptez, ne donnez pas le sentiment que la règle est mise de côté. Elle doit demeurer mais dans une circonstance précise, vous acceptez un aménagement. Il faut inventer de nouvelles manières de dire non et par exemple savoir mettre une limite en expliquant le pourquoi.


Tout comme il ne faut pas craindre le rapport de force. L’affrontement avec l’adolescent n’est pas destructeur. Nous pourrions même dire qu’il est normal dès lors que l’adolescent s’affirme dans cette égalité d’être. Imposer des limites n’est pas évident. C’est inscrit nulle part. Il faut donc en amont travailler sur des valeurs à transmettre. Aucun parent n’a été formé à ce « métier d’éducateur » donc chacun doit se référer à son propre système de valeurs en veillant toutefois à rester toujours dans le dialogue, la vérité et la justice.

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